Au début du XXe siècle, l'Eglise a connu une
nouvelle réforme religieuse appelée le pentecôtisme. Ce mouvement
chrétien avec
le charisme de l'Eglise primitive venait en renfort aux Eglises
protestantes
déjà existantes. Dès l'éclatement de ce mouvement pentecôtiste une
nouvelle
vague de missionnaires se sont levés pour obéir à l'ordre suprême de
Jésus
Christ, allez faites de toutes les nations des disciples. C'est alors
que
plusieurs pays, amis voisins de la Côte d'Ivoire ont reçu
des missionnaires : la France, le
Libéria et le Burkina-Faso appelé la Haute Volta
à l'époque.
L'établissement de l'Eglise des Assemblées de Dieu de Côte d'Ivoire a
commencé
par trois régions : Le sud, le sud-ouest notre ouest. Cette
implantation
anarchique involontaire fait penser à une stratégie de guerre pour la
même
cause et comme une embouchure ensuite, elle rassemble ses forces pour
avancer à
pas de géant pour l'accomplissement de l'ordre suprême.
Au sud-ouest, c'est en 1950 que tout va commencer dans la région de
Tabou à
partir de la convention de Monsieur Gabriel Gnawé Gnapa Béoubé,
sous-préfet de
Grabo. Il est devenu chrétien suite à une guérison son miraculeuse dans
une
Eglise Assemblée de Dieu du Libéria où il était allé. Après sa
guérison,
Gabriel Gnawa est entré dans son pays où il a partagé son témoignage de
guérison et de conversion avec ses amis et ses proches parents.
Un noyau de chrétiens fut rapidement constitué
sans pasteur ni missionnaire. Le seul moyen pour suivre cette jeune
communauté était de
recevoir des visites périodiques de
pasteurs et missionnaires libériens.
Notons que cette communauté n'était pas
officiellement reconnue par l'état ivoirien parce qu'il n'y avait pas
de missionnaire officiel pour les encadrer.
Au centre ouest dans la région de Zuénoula c'est
Monsieur Pierre YAMEOGO qui retiendra notre attention.
Il fût un chrétien de l'Assemblée
de Dieu du Burkina Faso. Persécuté par ses parents, il quitta son pays
en 1943.
Arrivé en Côte d'Ivoire par une longue marche, il s'installa finalement
dans la
région de Zuénoula. Il n'était pas venu en Côte d'Ivoire pour créer
essentiellement
une église, mais pour entretenir sa vie chrétienne, il s'intégra à
l'Eglise WEC
aujourd'hui AEECI. Tous ses frères burkinabés qui se sont joints à lui
dans le
cadre du travail se sont attachés à l'Eglise WEC sans toutefois rompre
avec
leur église mère: les Assemblées de Dieu du Burkina Faso. Dans la
région de
Vavoua, plusieurs communautés chrétiennes e créent. Ces communautés,
conscientes de leur origine, avaient de très bonne relation avec
l'Eglise WEC,
Eglise officielle de la région. Elles considérées comme membres de
l'Eglise WEC
tout en recevant la visite des pasteurs des Assemblées de Dieu du
Burkina Faso.
Plus tard, les missionnaires officiels français informés de
leur .lu rien forcer. La communauté fraternelle exista tout de même.C'est
finalement en 1977, après l'arrivée des américains (1972-19J3) : John Maattox,
Willards, installés dans la région ouest du pays, que les frères Burkinabés de la
région de Zuénoula, Vavoua, décidèrent de se Rattacher officiellement à l'Eglise des Assemblées de Dieu
de Côte d’Ivoire. Cette séparation fut une séparation pacifique. On
est toujours mieux chez soi.
Dans la région du sud, Abidjan et Katadji où l'implantation devait être
faite officiellement par l 'envoi de missionnaires, L’Eglise a d'abord buté contre la fédération nationale des églises
d'Afrique francophone, créée sous la direction du haut Commissariat Français
demeurant à Dakar. Les Eglises déjà implantées avaient reparti le pays en région et ne rendaient pas la tâche facile aux autres missions sœurs qui voulaient venir en renfort pour l'évangélisation de la Côte d’Ivoire. Les méthodistes installés en 1924 occupaient
La région du sud. En 1927 la mission biblique s'installa dans la région ouest du pays. CMA (Christian Mission Alliance) s'installa vers 1928 dans la région du centre du pays, en l'occurrence à Bouaké, ensuite les Baptistes au
nord. Bref...
Les Assemblées de Dieu venues de France ont fait leur entrée sur la scène religieuse ivoirienne vers 1930. Mais
confrontées à des obstacles à cause de l'occupation du terrain par leurs prédécesseurs déjà implantés, elles se sont associés à l'Eglise CMA pour un temps bref et se sont rendues au Burkina Faso (ex Haute Volta) où la mission américaine des
Assemblées de Dieu est installée depuis 1930.
En 1956-1957 arriva M. Nedelec, un coopérant français, fonctionnaire à la mairie d'Adjamé appelé
délégation communale à l'époque. Ce chrétien engagé, de l'Eglise des Assemblées de France a
pris une part active dans l'implantation de l'Eglise des Assemblées de Dieu de
Côte d'Ivoire, particulièrement au sud du pays.
M. Sedelec qui fréquentait l'Eglise méthodiste dès son Arrivée en Côte d'Ivoire par manque de son Eglise d'origine, les
Assemblées de Dieu ne cessait de partager sa foi avec ses collègues de service et témoigner de Christ pendant ses temps libres.
Un noyau de croyant se forma autour de lui mais compte tenu de ses occupations administratives et ne pouvant convenablement s’occuper de
l’enseignement biblique de ce jeune groupe, la nécessité d’avoir un missionnaire s'imposa. Une demande fut adressée à l’Eglise des Assemblées de Dieu de France, mais n’ayant pas de missionnaires sur place, la demande fut adressée par l'église aux missionnaires des Assemblées de Dieu de France au Burkina. A cette même époque, un groupe de croyants de la région d'Abidjan désirant travailler avec les
Assemblées de Dieu firent des démarches pour prendre contact avec la mission des Assemblées de Dieu de France au Burkina. C'est à l'issue de tous ces événements que virent le pasteur André Brissel et son épouse, premiers missionnaires des Assemblées de Dieu, vers fin 1957. Ils s'installèrent vers fin 1958 à Abidjan, ensuite arrivèrent M. et Mme Larquerre, qui s'installèrent définitivement, firent plusieurs visites en Côte d'Ivoire. Pendant ces visites, ils tirent plusieurs réunion d'évangélisations en plein air (et dans les salles de cinéma) pendant lesquelles le Seigneur se glorifia (conversion et guérisons). A cette liste il faut ajouter Paul Ratz, Réau, Liness, Ollé, Rochard etc. Après Abidjan, Sikensi et ses annexes, l'Eglise dans ses premières extensions a touché Lakota et ses régions. Le premier centre pour la formation des pasteurs fut ouvert en 1958 à Katadji (ITPK). Au plan officiel, l'Eglise Assemblée de Dieu devait cette fois-ci démarrer pour de bon. En effet, quelque temps après, lors d'une Assemblée générale de la Fédération internationale des Eglises protestantes à Bamako en 1954, la dissolution de la Fédération fut décidée à cause de l'indépendance imminente des colonies. Chaque pays devait former sa propre fédération et prendre sa destinée religieuse en main. C'est ainsi qu'en Côte d'Ivoire les Assemblées de Dieu eurent l'autorisation
de s'installer et avec le concours des premiers missionnaires Brisset et Larquère. L'Eglise fut reconnue en mars par l'Etat ivoirien fraîchement indépendant par arrêté n°303/1 CAB du 1er mars I960.
Aujourd'hui, l'Eglise des Assemblées de Dieu est fortement implantée: de l'est à l'ouest, du nord au sud en passant par le centre. Dans toutes nos préfectures et sous-préfectures voire un grand nombre de villages dans plusieurs régions, l'Eglise des Assemblées de Dieu est présente sur le terrain, annonce le plein évangile de Jésus Christ. Elle est membre de la Fédération des Eglises évangéliques de Côte d'Ivoire et travaille en étroite collaboration avec plusieurs missions sœurs. Elle a deux instituts théologiques et pastoraux dirigés par le CNET (Comité National des Etudes Théologique pour la formation des pasteurs, dont l'un à Daloa et l'autre à Katadji. Plus de quatre
vingt dix (90) étudiants pasteurs sont en formation chaque année. Les pasteurs sont aussi formés dans les facultés théologiques étrangères de Togo (Ecole Supérieur Théologique de l'Afrique occidentale) appartenant aux Assemblées de Dieu, de France, des Etats-Unis et d'Angleterre. L'Eglise des Assemblées de Dieu est aussi présente sur les champs missionnaires, deux couples en
Angleterre, deux couples en France.