« Avec l’Aide du Saint-Esprit, Ayons une Bonne Lecture des Evènements de la Vie en Temps de Crise ».
La marche chrétienne, en termes de vie et de service pour le compte du royaume du Christ glorifié, place chaque jour tout chrétien (homme ou femme) en face de diverses situations alarmantes. Face à de telles situations, le chrétien (en particulier le leader chrétien), doit se disposer à réviser sa façon de voir les choses afin d’en acquérir une bonne interprétation (ou lecture) à caractère divin. Car, seule une lecture divinement illuminée des évènements de la vie pourra l’aider à mieux s’engager à poser des actes dignes.
Selon l’Evangile selon Jean (9/1-7, 39-41), Jésus, le Christ et le Fils de Dieu, est venu ici-bas pour entraîner quiconque Le suit et Le sert à voir désormais les choses de la vie comme Dieu les voit. Car Lui seul détient le pouvoir d’ouvrir les yeux à la fois des aveugles naturels (ou physiques) et des aveugles spirituels. Telle est aussi la mission principale du Saint-Esprit, en Sa qualité de Consolateur, auprès des élus de Dieu (Jean 14/14-18, 26 ; 15/26-27 ; 16/12-15).
Pour mieux nous disposer à permettre au Saint-Esprit de nous aider à avoir une lecture divine des situations alarmantes de la vie en ces temps de la fin, considérons les trois éléments suivants à la lumière du texte de Jean 9 : D’abord, l’envoyé de Dieu face aux évènements alarmants de l’histoire de l’humanité. Ensuite, la lecture ou l’interprétation divine de ces évènements et ses retombées positives. Enfin, les conditions d’accès à la lecture ou interprétation divine des évènements.
1. L’envoyé de Dieu face aux évènements alarmants de l’histoire de l’humanité
Le texte lu nous présente une situation de détresse : « un homme aveugle de naissance » (1/1). Chez les juifs, il s’agit d’un état de malédiction ; car, selon Mat.6/22-23, « L’œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé ; mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres ! » Par conséquent, un aveugle est un homme privé de la vision par rapport aux réalités de son présent et de son futur : il est considéré comme mort, puisqu’étant désormais incapable de jouir ou d’apprécier les réalités de la vie.
L’état de cet homme aveugle de naissance illustre bien la situation catastrophique que vit l’humanité toute entière depuis ses débuts à ce jour. En effet, c’est une humanité avec un passé, un présent et un avenir décadents et sans espoir, parce que marqués par les ténèbres. Tout enfant de Dieu, en sa qualité de voyageur et d’étranger sur la terre, sera chaque jour, à l’exemple du Christ, placé face à de telles situations catastrophiques (1 Pie.2/11 ; 4/12-19 ; cf. Mat.24/6-12).
Cependant, face à de telles situations, quelle lecture ou interprétation l’envoyé de Dieu doit-il en faire ?
2. La lecture ou l’interprétation divine de ces évènements et ses retombées positives
L’état de l’homme aveugle de naissance va susciter des interprétations diverses, lesquelles se situent, selon Jean, à deux niveaux d’appréciation : d’abord, au niveau humain ; ensuite, au niveau divin.
a. La lecture ou interprétation au niveau humain (v.2) : « Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? »
Cette préoccupation formulée par les disciples révèle leur lecture ou interprétation de la situation alarmante de cet homme. Leur lecture à caractère purement humain ne se préoccupe que de la cause de la situation, laquelle cause est ici attribuée au péché. Au regard de l’histoire de l’humanité, cette façon de voir les choses est en partie bien fondée et justifiée. Car, l’Ecriture déclare ceci : « Le salaire du péché, c’est la mort » (Rom.6/23 ; cf. Job 4/7-9, 17-21).
Il est donc vrai que tout ce qui arrive à l’être humain ici-bas en termes de crises doit être connecté au fait de la déchéance spirituelle et morale de ce dernier et de ces ancêtres (voir les conséquences de la chute d’Adam et Eve en Eden) ; cependant, cette vision des choses ne doit pas être appliquée à toutes les situations alarmantes que tout être humain vit ici-bas.
A la vérité, une telle façon de voir les choses, avec la tendance à vouloir tout attribuer aux conséquences du péché ou aux puissances maléfiques (Satan et ses démons), n’offre aucune solution à la situation de détresse ; elle ne fait que susciter diverses réactions négatives chez la plupart des personnes : alors que certaines d’entre elles développent des sentiments d’amertume, d’apitoiement sur soi, de condamnation, ou de culpabilité ; d’autres, surtout celles qui n’ont plus d’espoir en l’avenir, profitent de ces situations alarmantes pour s’engager davantage dans le mal, avec comme philosophie de vie : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons » (1Cor.15/32).
Si l’interprétation humaine des choses est si basse, qu’en est-il de la façon de voir ces choses du côté divin ?
b. La lecture ou interprétation au niveau divin (v.3) : « Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché ; mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. »
Selon Jean, le Christ, face à l’état de détresse de cet homme et face à la préoccupation formulée par Ses disciples, va faire une révélation extraordinaire. Sa lecture de la situation n’adhère pas à l’interprétation humaine des choses (cf. Es.55/8-9). Son approche à Lui va illuminer l’intelligence de Ses disciples (ou ouvrir leurs yeux spirituels) sur une double réalité : d’abord, Sa lecture de la situation va les interpeller par rapport à la réalité de la souveraineté de Dieu, Maître des temps et des circonstances (cf. Job 1 et 2 ; Lam. de Jér.3/37-38) ; ensuite, elle va leur annoncer l’intervention rédemptrice de Dieu comme unique source de solution à la situation de crise.
Cette lecture faite par le Christ de l’état critique de cet homme avait pour unique fondement Sa présence face à cette situation de détresse : Il est en effet venu ici-bas, non pour critiquer (ou philosopher autour de) la situation de détresse des êtres humains, mais plutôt pour proclamer la toute puissance de Dieu, le Père et pour offrir un espoir de sortie de crise. Il se présente Lui-même comme étant la solution de Dieu (cf. Jn.5/19-23 ; 6/5-6 ; Mat.9/35-38). Son interprétation fut donc déterminée, d’une part, par Sa conscience de la souveraineté de Dieu le Père et, d’autre part, par Sa conscience de la véritable raison de Sa présence dans le monde (cf. Luc 19/9-10 ; Jn.10/10).
Ainsi donc, seul le leader chrétien qui connaît véritablement Dieu à travers Sa parole et qui sait pourquoi il est dans le monde pourra faire une bonne lecture divine des évènements de la vie en temps de crise. Car une telle lecture produit toujours des avantages ou des retombées positives en vue de la gloire de Dieu
c. Les retombées positives de la lecture divine des évènements (v.1, 3-8)
La lecture qu’avait le Christ de l’état de cet homme va engendrer de Sa part des paroles et des actes ou attitudes nobles. Les effets positifs de telles paroles et attitudes doivent être perçus comme des retombées positives d’une bonne interprétation divine de toute situation de détresse que peut rencontrer tout être humain ici-bas.
L’apôtre Jean nous donne d’apprécier ici quatre retombées positives de cette lecture divine des choses :
(1) Le Christ ne fut pas perturbé par l’état critique de l’homme ; il eut plutôt une attitude de sérénité face à la situation sachant qu’elle fut autorisée par la main souveraine de Dieu qui seul en détenait la solution (v.3 : « c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui ». Une lecture divine de toute situation de crise suscite la paix et la sérénité chez tout véritable envoyé de Dieu (cf. Job 1/21 ; 2/10 ; Mat.8/24 ; Jn.14/1, 27 ; Act.16/25).
(2) Le Christ se laissa interpeller par rapport à Sa raison d’être : « Il faut que je fasse… les œuvres de celui qui m’a envoyé… Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde » (v.3, 5). Une bonne lecture divine de toute situation de détresse occasionnée par la main de Dieu ouvre les yeux de l’envoyé de Dieu par rapport au vrai contenu de sa mission dans le monde (cf. Mat.9/36-38 ; Jn.4/34-35)
(3) Le Christ releva le caractère d’urgence du temps relatif à Sa mission : « Il faut que je fasse, tandis qu’il est jour… la nuit vient, où personne ne peut travailler » (v.4). Une lecture divine de toute situation de crise autorisée par la main souveraine de Dieu attire toujours l’attention de tout véritable envoyé de Dieu sur la brièveté de son temps ici-bas ; cela le dispose alors à éviter la paresse et la négligence dans son service pour Dieu (cf. Luc 13/1-9).
(4) Le Christ se disposa à apporter une solution pratique au problème rencontré (v.6-8). Une bonne lecture divine des choses permet à tout envoyé de Dieu de voir dans toute situation de crise une belle opportunité à lui offerte pour témoigner de l’affection aux âmes en détresse en contribuant à leur salut ou leur bien-être (cf. Act.11/27-30 ; Rom.15/26-27 ; 2 Cor.8/1-24).
NB : Face aux diverses situations de détresse en ces temps de la fin, seule une bonne lecture selon Dieu s’inscrit dans Son plan de rédemption. Une telle lecture permet au leader chrétien de développer de bonnes attitudes et de poser des actes dignes de Dieu. Au vu de ces retombées positives, comment le leader chrétien doit-il s’y prendre pour désormais voir les choses selon Dieu ?
3. Les conditions d’accès à la lecture ou interprétation divine des évènements
La lecture ou l’interprétation divine des évènements ou situations de détresses de la fin des temps n’est pas donnée à n’importe qui. Pour accéder à une telle vision divine des choses, les textes de Jean 9 et Apocalypse 1 présentent deux séries de conditions à remplir par tout leader chrétien ou tout vrai envoyé de Dieu.
a. Première série de conditions selon Jean 9 :
A la lumière de Jean 9, à travers les réactions des disciples face à l’état de l’aveugle né, ainsi qu’à travers les paroles et les actes initiés par le Christ, il ressort quatre conditions à remplir par qui veut avoir une bonne lecture divine des évènements de la vie :
(1) Il faut d’abord accepter, à l’exemple des disciples, de se tenir en compagnie ou dans l’intimité du Christ (cf. Jn.9/1-2 ; Mat.17/1-8)
(2) Il faut ensuite soumettre au Seigneur dans la prière toute préoccupation ou toute conception humaine des choses et attendre de Lui des directives de portée divine (cf. Jn.9/2 ; Mat.8/24-26 ; Ph.4/6-7)
(3) Il faut en outre proclamer la foi en la souveraineté de Dieu, Maître des temps et des circonstances, ainsi qu’en Sa volonté et en Sa puissance de guérison ou de restauration (cf. Jn.9/3 ; Lam. de Jér.3/37-38 ; 2 Cor.12/7-10)
(4) Il faut enfin s’imprégner du contenu de sa raison d’être et avoir la volonté disposée à servir d’outil de bénédiction pour autrui en toute circonstance (cf. Jn.9/5-7).
b. Deuxième série de conditions selon Apocalypse 1 :
Selon Apocalypse 1/1-4, 9-12, pour recevoir la révélation, Jean a rempli les conditions suivantes :
(1) Il s’est présenté comme étant serviteur de Dieu et de Jésus-Christ (1/1). Le mot serviteur est la traduction du terme grec « doulos » et qui signifie littéralement « esclave ». Cela traduit bien la position de Jean vis à vis de Dieu : il Lui appartient de droit ; il Lui est entièrement consacré et est dévoué à Sa cause et à Ses intérêts.
(2) Il était un membre dévoué et fidèle de la communauté des saints (1/9) ; il est participant à leur vie et à leurs expériences spirituelles et humaines quotidiennes.
(3) Il a accepté d’être conduit par la main souveraine de Dieu à l’écart dans la solitude, sur l’île de Patmos, « cela à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus » (v.9b ; cf. Mat.17/1-8).
(4) Il fut dépendant et ouvert à la pédagogie (instructions et directions) du Saint-Esprit (v.10 ; 2/7, 11, 17, 29 ; 3/6, 13, 22 ; 4/2) en Lui soumettant toutes ses principales facultés (oreilles et yeux).
(5) Il fut curieux ou ambitieux des choses divines : « Je me retournai pour connaître quelle était la voix qui me parlait. Et après m’être retourné, je vis… » (1/12 ; cf. Ex.3/3-4 ; Ps.42 ; Mat.5/6 ; 11/12).
Que retenir de l’ensemble de cette réflexion ?
La vie quotidienne de tout être humain est tissée de situations alarmantes auxquelles nul ne peut échapper. Face à ces situations, laissons-nous illuminer par le Saint-Esprit pour en faire une bonne lecture (cf. Jn.16/12). Car, Il est à la vérité « l’Agent suprême de la révélation divine en temps de crise ». Sa mission envers l’homme a pour unique fondement la personne et l’œuvre du Christ, le Nouvel Adam.
Alors, saisissons-nous des différentes opportunités offertes ou présentées à travers les circonstances de la vie par la main souveraine de Dieu : « Jésus vit... » (v.1). Car tout évènement, quelle qu’en soit la nature, placé sous les regards de tout vrai envoyé de Dieu comporte toujours un message de portée divine. Seule une bonne lecture ou interprétation divine des choses ouvre les yeux de l’envoyé de Dieu sur sa véritable raison d’être dans le monde et le dispose à poser des actes dignes à la gloire de Dieu (v.3-5).
C’est pourquoi, prêtons davantage l’oreille pour entendre ce que dit l’Esprit en temps de crise. Car, l’avenir de l’Eglise dépend de notre degré d’ouverture à la pédagogie du Saint-Esprit en temps de crise (cf. Apoc.2/7).
« Quand le Consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, Il vous conduira dans toute la vérité ; car Il ne parlera pas de lui-même, mais Il dira tout ce qu’Il aura entendu, et Il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu’Il prendra ce qui est à Moi, et vous l’annoncera. (Jean 16/13-14).
Puisse donc chaque leader chrétien au sein de l’EEADCI permettre au bulletin mensuel d’informations « Le Pont » de continuer d’être pour lui et pour ses collègues un véritable outil d’illumination spirituelle afin de mieux se disposer à réviser sa façon d’interpréter les évènements de la vie en temps de crise ! Bonne lecture à tous !
Dr GNANCHOU Béchié D.
(Directeur de publication du bulletin « Le Pont »)
La vie quotidienne de tout être humain est tissée de situations alarmantes auxquelles nul ne peut échapper. Face à ces situations, laissons-nous illuminer par le Saint-Esprit pour en faire une bonne lecture
Jean.16/12.